L’esprit du sentier

•21 novembre 2011 • 3 Commentaires

 

 

 

J’ai senti, dans le chemin perdu, l’aspect curieux de l’esprit joueur.

Courir et s’enfoncer dans les bois sombres, aux rythmes de foulées diligentes

ne m’éloignais guère de son regard figé qui m’inspirait la peur.

Toutes ces minutes à être épié par cette silhouette terrifiante,

cette âme errante qui, aux grès des vents glacés, pistait les jeunes explorateurs.

cette curiosité malsaine me poussait à ces instants, malgré les craintes envahissantes,

à connaitre cet être qui, avant de passer de l’autre côté, possédait un véritable cœur.

Semblant faussement inattentif aux moindres impulsions de son âme torturé et accablante,

je regardais, subtilement tous les buissons enneigés pour y croiser son visage de terreur.

J’entendais dans mon dos, son ténébreux murmure, sa fine voix lointaine et gênante,

le timbre doux et larmoyant qui glaçait le sang, le cri désespérant de cette âme en pleur.

Ses doigts invisibles se mêlaient certainement au vent pour caresser ma peau grelottante,

bien des moments, je devinais avec dégout, mon corps traverser le sien sans vie et sans heur,

quel drame c’est joué ici ? Y avait-il dans ce parc paisible et blanc, une main foudroyante

qui pouvait, d’un choix implacable, ôter avec violence toute une vie de souvenirs et de bonheurs ?

Connaissons vraiment une sérénité après avoir franchi cette ultime porte toujours béante ?

Je connaîtrais ces réponses après que la mort m’ai embrassé avec ardeur

espérant qu’elle déposera mon esprit meurtri et mélancolique dans une contrée surprenante

afin de déambuler nonchalamment en pleurnichant et effrayant les promeneurs.

Je courais souvent dans ce sentier enneiger, j’avais besoin de sentir en moi sa présence fréquente,

j’aimais discerner son regard pesant sur mes épaules, entendre ses frissonnantes clameurs.

Son existence en ses lieux, protestant éternellement sa disparition poignante,

me donnait le meilleur des arguments pour vivre mes journées intensément et avec vigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amour infecté

•25 octobre 2011 • 5 Commentaires

 

Le minuscule port de l’ile Hunter était bien vide, un soleil
éclatant effleurait la petite ville balnéaire de ses rayons réconfortant. Nous
étions, depuis quelques mois perdu dans le pacifique, disséminés dans cette infime
partie du globe. Une île, au départ paradisiaque, d’une centaine de kilomètres
de circonférence. Je n’ai jamais eu le temps de me pencher sur la topographie
et autres informations importantes de cet endroit, en effet, largué ici par le
gouvernement japonais comme un sac poubelle gênant, je n’étais pas ici de mon
plein gré.

 Je déambulais seul
sur une digue de bois humide, le clapotis des fine vagues sous mes pieds
berçaient agréablement les craquements sourds des planches épaisses. Je
longeais quelques bateaux, barques et petites embarcations qui mouillaient le
long du quai. Alignés et disciplinés, ils attendaient leurs propriétaires qui,
tel des animaux abandonné, caressaient l’espoir de les voir apparaître au loin
pour de petites escapades au large. Ils tanguaient d’une manière harmonieuse
sur le remous léger de la mer, s’échouant sur les pilonnes gras et cerclés de
milliers de coquillages culottés. Autour de moi, il n’y avait que le néant,
aucun humain ne renvoyait un bonjour ou sourire comme avant, de simples
politesses renvoyées afin de préserver le peu de dignité qu’on nous avait
pitoyablement laissée. Quelques vielles masures, encore habitées par des âmes passionnées,
vieillissaient sur la côte désertée. Les vitres, pour certaines ouvertes,
étaient tachetés de sels fins déposés par les brises marine. Les volets de bois
rongés  restaient coincés sur les murs
crépis et sales. Certaines entrées béantes, laissaient accessible les
témoignages de pêcheurs solides d’en temps, certains filets dégueulaient sur le
perron de ces petites bicoques modestes. Je pensais un court instant ce qu’ils
sont tous devenu, tous ces hommes que le gouvernement a délogé pour changer
cette ile paisible en camp de prisonniers souffreteux. L’air était doux,
l’odeur de marée iodée emplissait mes narines, je marchais nonchalamment,
dévoré par la tristesse de ne plus revoir ma fille, ma famille. Je ne faisais
plus attention aux craquements et entrechoquements des épaves rouillées qui
observaient ma promenade nostalgique. Je décidais de prendre la direction d’une
jetée qui s’avançait  vers un horizon
magnifique, une sorte, pensais, je de me rapprocher de chez moi a quelques
milles de là, une forme de plongeoir ou la continuité ne serait rien d’autre
que la liberté. Au bout de cette digue, il y avait un bateau de pêche protégé
de plaques de fers rouillés. Plus épais et plus volumineux que d’autres, il se
tenait là, à l’écart des autres comme si, comme moi, il voulait se rapprocher
d’un départ qui ne se ferait jamais. Il tanguait plus intensément que les autres,
il paraissait un animal se débattant violemment afin de se libérer de chaînes
invisibles. Des coups résonnaient sur le pont mais, les grandes taules de la
coque empêchaient mon regard curieux. Le petit navire étrange était immatriculé
de chiffres et aucun nom de baptême n’y étaient gravés, je trouvais ça triste. Des
restes d’antennes cassées et deux ou trois paraboles adroitement sur élever
scrutaient l’horizon attendant un signe de vie. La peinture grise défraichie et
les armatures corpulentes ne donnaient plus l’image d’un petit navire de pèche
classique, on aurait plutôt dit une embarcation militaire modifiée. Aucunes
traces d’armements lourds sur la structure n’accompagnaient ma réflexion, pas
de traces de canons ou mitrailleuses lourdes sur l’épave. Je ne me souvenais
pas l’avoir déjà vu, pourtant cette promenade je l’avais déjà faite des
milliers de fois et les épaves environnantes m’étaient plus ou moins
familières. Je longeais la coque  en espérant
trouver un interstice me permettant de regarder à l’intérieur. En me
rapprochant de la proue, une faille dans la coque s’offrait à ma curiosité,
assez grande pour passer une tète humaine. Cette ouverture inopinée non loin de
la proue, attestait d’un choc violent. J’introduisais lentement ma tête à l’intérieur
de la fissure en faisant attention de ne pas m’entailler sur les bords
tranchants et rouillés de la plaque meurtrie. Mon regard fut très vite attiré
par une forme sombre gesticulant sur le plancher mouillé. Je reconnaissais
cette forme étrange, c’était un orque, le mammifère à la peau sombre et
brillante ne dépassait pas le mètre. Comment était-ce possible ? Peut-être
que c’était un bébé échoué par accident lors d’une grosse tempête, se débattant
pour repartir dans l’eau ! Serait-ce le bateau d’un pêcheur peu
scrupuleux ? La traque aux gros mammifères marins était interdite depuis
les années dix-neuf cents quatre-vingt et dix-neuf cents quatre-vingt-dix, mais
bon, il était vraisemblable qu’un petit nombre d’épaulards continuent d’être
chassés par certains irréductibles contrebandiers. L’animal agonisait, ses
coups sur la paroi provoquaient des heurts terribles, c’était donc ça, ces
bruits sourds qui résonnaient violemment. Il fallait faire vite, je devais tout
faire pour le sauver de cette agonie certaine et terrible. Je pris une planche détachée
du quai pour m’en servir de barre à mine afin de replier les bords saillants et
acérés de la déchirure afin d’éviter une blessure fâcheuse. J’avais agrandie le
trou sur un bon mètre de circonférence, je ne pouvais pas passer en restant
avec cette corpulence d’adulte, je décidai donc de prendre la forme,
douloureuse mais inévitable, de la petite fille que je connaissais si bien. Je
pris donc la forme d’une enfant de cinq ans pour accéder au pont du navire.

J’ai été exilé sur cette ile avec quelques anciens collègues
de travail qui habitaient non loin de l’usine nucléaire de Fukujima, à une
centaine de kilomètres de Tokyo, au Japon. J’étais ingénieur en systèmes
électriques pour réacteurs atomiques. Suite à l’accident survenu à cause des
caprices de dame nature le onze mars deux mille onze, nous avons été invités à
rester chez nous, ainsi, la centrale qui, sous menace de radio activité, a été
placée sous zone militaire et donc en quarantaine le temps des réparations. Je
vivais avec ma fille, Miléna, dans une petite maison traditionnelle aux abords
de l’usine, nous écoulions des jours tranquilles dans ce village construit en
quasi-totalité pour les nombreux salariés de cette immense entreprise. Le jour
ou le réacteur s’est effondré,  un nuage
à forte densité s’est aussitôt formé et, suite à de mauvais calculs de
spécialistes, il a contaminé avec vélocité, la petite ville ouvrière incluant
l’école de ma fille. L’alarme retentissait mais, il était trop tard. Dans
l’urgence, la folie et la peur avec aussi contaminé la contrée, sorti avec hâte
de mon véhicule, j’ai récupéré ma fille dans les bras et couru vers les abris
militaires pour se protéger mais étant informé trop tardivement, la radio
activité avait fait son effet, je m’allongeais au sol car, pris de douleurs et
de convulsions mes jambes ne me portaient plus, j’avais l’impression que mes
organes brûlaient à l’intérieur. Je serai ma fille contre moi, elle gesticulait
de souffrance. Je me redressais avec difficulté pour pouvoir repartir et c’est
à ce moment que l’impensable arriva. J’ai eu l’horrible stupéfaction de voir
mon corps ingérer celui de ma fille, sans que je puisse repousser ou retirer ma
petite âme, elle se faisait ronger, avec ses vêtements, par ma propre chair,
j’ai vu son regard effrayé avant de finir dans mon corps qui l’avait engloutie monstrueusement.
Impuissant face à ce cauchemar j’hurlais en m’arrachant les vêtements et
essayant de déchirer la peau de mon ventre qui était revenu à la normale. Le chagrin
et le désespoir atroce m’effondra sur le sol. Mes yeux pleins de larmes,
fixaient un groupe de soldats japonnais qui accouraient vers moi, ils étaient emmitouflés
dans des combinaisons pales et larges, des masques à gaz proéminents couvraient
leurs visages. Ils m’enfoncèrent une aiguille large et désagréable, un liquide brûlant
parcourra mes veines. Je tombais aussitôt dans un profond coma avec comme seule
image, celui du regard de ma fille pesant d’incompréhension et de souffrance. Je
me réveillais dans une minuscule chambre fermée de toutes parts par des voiles
de plastiques blancs. Ils ont pratiqué de nombreux examens mais, ils semblaient
ennuyé par les conclusions inconcevables des résultats jusqu’au jour où, un
professeur, un allemand au fort accent, me logea dans une chambre plus étroite
et m’observa pendant un mois entier. Il me regardait fondre en larme des que
mes médicaments ne me faisaient plus d’effets, me tordre de douleurs a chaque
souvenir de cette effrayante vision et il m’observait vomir de culpabilité et
de dégout à tous nos entretiens. Quelques fois, pour me rassurer, il me confiait
qu’il ferait tout pour trouver une solution mais, a quoi bon, j’avais tué Miléna,
et personne ne pourrait me la rendre …

Certains bruits de couloirs et débats enflammés en salle de
pause d’infirmiers militaires, j’étais un des rares à avoir survécu aussi
longtemps dans cet hôpital étrange. J’aurai préféré mourir de suite après avoir
ingérer ma petite fille. De nombreuses fois, j’ai voulu me donner la mort
mais une petite voix chuchotant dans ma tête, m’arrêtait a maintes reprises, je
ne pouvais pas me tuer car, quelque part elle vivait en moi. Une nuit je me réveillais
en sursautant, je suffoquais et comme enfermé dans un cercueil blanc, j’étais coincé
dans le fond de mon lit. Le professeur qui était de garde cette fois là, accouru
pour me délivrer et en enlevant les draps qui me recouvraient, recula et tomba à
genoux de stupeur. J’avais pris la forme de ma Miléna, je pensais comme un
adulte mais, mon corps s’était changé en celui de ma fille chérie. Je hurlais
d’effrois, je courrais partout dans la chambre en cassant tout de colère.
Quelle punition le seigneur m’avait-il infligé ? Après quelques semaines
de nouveaux tests plus secrets, le professeur me donnait ses conclusions, il
avait nommé ma malédiction, le syndrome de Laurentys, comme son nom, en gros, c’était
la fusion et transformation, plus ou moins contrôlé, de molécules de même souche.
Sous l’influence de la radio activité Mes particules, plus solides et plus
nombreuses, ont capturés celles de ma fille. Plus scientifiquement, c’était de
la bio métamorphise consciente. J’avais le pouvoir de modifier mon apparence,
soit je gardais mon aspect d’homme soit, je pouvais prendre celui de mon petit
amour tout en conservant mes fonctions intellectuelles d’adulte.

Cela faisait Un an qu’ils m’avaient envoyé sur cette ile,
d’autres cas de malades y séjournaient en attendant une guérison providentielle.
On nous parachutait des denrées et autres objets nécessaires à notre survie sur
cet îlot minuscule. Chaque jour qui passaient, je croisais certains humains qui
erraient ou qui mouraient dans des souffrances diverses et je me disais souvent
que mon tour arriverai et ainsi cela achèvera mon supplice. Je ne ressentais
aucune douleur, je n’étais  pas tombé de
malnutrition ou autres infections étranges. Je rêvais de partir de là mais en même
temps, finir mes jours ici ne me dérangeait pas, car la culpabilité me
rongeait. Pour le moment, ce bateau étrange et cet animal agonisant attisaient
ma curiosité. Ma fille n’aurait pas voulu laisser cet épaulard minuscule mourir
comme ca.

A chaque transformation, je ne pouvais contenir mes larmes,
aussi discrète soient elles, je me morfondais de l’intérieur. Je vivais à la
place de ma fille, une vie que je lui avais arrachée. Je me redressais sur mes
frêles jambes d’enfant, en me rapprochant de l’animal, je reprenais forme
adulte. Le mammifère se calmait à mon approche. Je tendais vers lui ma main
pour le rassurer et j’évitais tous gestes brusques pour ne pas envenimer la
situation déjà critique.

-         
Doucement
mon grand, je vais t’aider, calme toi !

Il me fixait de son regard effrayé. Un seau usé mais encore
entier était posé dans un coin, je me précipitais pour le ramasser. La saleté
et le temps avaient constitué une couche d’algues et de fines pourritures qui collaient
l’objet en plastique sur le pont et ainsi, me demandaient un peu de force pour desceller
l’objet normalement facile à saisir. Je récupérais aussi une cordelette qui
entourait avec fatigue un vieux piquet appuyé sur la cale condamnée. Je liais
les deux éléments et lança d’un geste sûr, le seau dans l’océan afin de récupérer
de l’eau et ainsi le verser sur l’animal agonisant, mon geste fut accueilli
avec satisfaction, en effet l’animal paraissait plus détendu. Je répétais
plusieurs fois le geste de survie afin de me donner une marge pour réfléchir à
la façon de le remettre à l’eau. Je tentais de le prendre par la queue afin de
le tirer par-dessus bord mais il devait avoisiner les trois cents kilos, donc très
vite, à bout de force, je tombais à genoux avec des douleurs aux bras et au
dos. Le pont commençait à se remplir d’un filet d’eau à force de lui jeter des
seaux sur le corps. Un crissement désagréable éveilla mes sens, mes yeux se
portaient sur la porte de la cale qui me semblait pourtant condamné. Avec
difficulté, la porte scellée crissa et un homme apparut devant nous. Je
resserrais l’anse du réservoir entre mes doigts tétanisés, les muscles de mon
bras étaient bandés ainsi, si le besoin se faisait ressentir, je pouvais
frapper l’inconnu avec l’objet en plastique épais. L’île était petite et il ne
me semblait pas avoir croisé cet homme étrange, un robuste rouquin, ses cheveux
mi- long hirsutes, il arborait une barbe plutôt sale et broussailleuse. Il
s’approcha de nous et tendit les bras en l’air et d’un rictus moqueur,

-         
Houlà mon
ami, faut pas rigoler avec un seau chargé ! le coup peut partir à tout
moment !

Je ne pouvais pas m’empêcher de rire ce qui calmait
l’atmosphère pensante. Il posait les yeux vers l’animal qui restait figé en
voyant l’homme s’approcher de lui. L’étrange marin était vêtu d’un vieux tee shirt
rempli d’huile et de cambouis, son bermuda délavé arborait des franges
disgracieuses à chaque extrémité et des taches délavées témoignaient de l’âge
avancé du vêtement. Il caressa l’épaulard et leva la tête vers moi.

-         
Allez !
on tire à l’intérieur, j’ai un super studio pour ce beau jeune homme en
attendant de le remettre à l’eau.

Il se plaçait près de la proue et ouvris une grande trappe
qui donnait dans un aquarium pour grand gabarits en plein milieu de la cale.
D’un haut du bassin de fortune qui faisait quand même trois bons mètres de long
sur deux, on pouvait voir l’état d’abandon dont souffrait le navire usé et
rongé par des algues et autres usures du temps. Je frissonnais, l’eau un peu
jaunâtre du bassin me paraissait des plus malsaines, mais nous n’avions pas le
choix, l’animal souffrait. Nous tirions la queue de l’épaulard et nous le fîmes
glisser vers le bassin non sans mal. Dès sa chute dans l’eau ambrée il semblait
aller mieux, nous le regardions quelques instant car, lui comme moi, avions des
doutes sur l’eau de cet aquarium étrange. Il aurait été dommage que l’animal
meure dans cette eau infestée de bactéries en tout genre. Je me tournais vers
le marin pour le remercier et ainsi voir avec lui la suite de l’aventure mais
il avait tourné les talons et  passa de
l’autre côté du bastingage en enjambant avec vigueur la balustrade de bois
anciennement vernit, je voyais  sa tête
dépasser du trou où je me suis faufilé et il braillait.

-         
Je vais
jeter un œil sur une ancienne grue qui servait à décharger le navire, depuis le
temps elle a bien pourrie ! je vais essayer de la faire repartir.

J’acquiesçai de la tête et décida de descendre dans la cale
afin de tenir compagnie à l’animal. Il me fixait et à chaque mouvement, ses
yeux me guettaient avec attention. Je posais mes mains sur la vitre épaisse et
grasse, et avec quelques mots je lui promettais de ne pas le laissais tomber.
Je ne ferai pas la même erreur qu’avec ma fille, elle me le pardonnera pas
pensais- je. Je parcourais du regard les alentours de la cale ou était
entreposer ce bassin énorme. Des algues vertes et jaunes et aux formes étranges
recouvraient les parois du navire, dans un coin, des épaisses caisses de bois
et de métaux épais et rouillés étaient tombés maladroitement et bouchaient une
entrée d’où une forte odeur de moisie et des bruits bizarres émanaient. Je
m’approchais et forçant sur les caisses pour les déplacer, je m’apercevais vite
que c’était trop lourd, même le marin ne pouvait les bouger c’était certain. Je
cherchais un moyen pour les bouger un peu mais rien à faire. Par contre, dans
un petit renfoncement, une ouverture sur quelques centimètres se présentait,
une enfant pouvait s’y glisser. Il m’était facile de m’y faufiler d’autant plus
qu’un filet d’eau gluant et gorgé d’algues passait en son centre. Je me
métamorphosais rapidement en m’enfonçais dans le trou crasseux.  J’atteignais une grande pièce ou des
aquariums bien plus petits mais de tailles relativement imposante y étaient
rangés. Ils étaient tous éclairé de l’intérieur, ce qui mettait en exergue
toutes les bactéries qui vivaient là, au milieu des laminaires de formes étranges
et de couleurs repoussantes. Des néons grésillant éclairaient en discontinu
cette pièce malodorante. L’ambiance était menaçante, j’avais des frissons à
marcher au milieu de ces bassins dégoutants où les fonds étaient crasseux, pour
certains l’épaisse paroi avait explosé suite à des chocs. Mes chaussures baignaient
dans le filet d’eau verdâtre et visqueux, mes pas craquaient sur certains bris
de verres cassés qui jonchaient le sol détrempé. On pouvait penser qu’il se
tenait ici, des expériences et observations de flores sous-marines. Maintenant
la moisissure avait quasiment tout recouvert et livrait une bataille acharnée
contre les bactéries qui s’en nourrissait. Sans trop le vouloir je marchais en
plein milieu d’un écosystème. Mon regard s’attardait sur une algue qui dansait
dans l’eau, je fus interpellé par sa forme originale, une forme de cheval, un
hippocampe algue. Il se dandinait avec le mouvement léger du navire qui
tanguait légèrement. Si j’étais resté plus longtemps à l’observer, il m’aurait
certainement endormi à mon tour. Soudain, je sursautais, un ricanement se fit
entendre, un rire étouffé, tel un enfant qui se cachait et gloussait de sa
farce. Je me penchais vers le fond de la pièce ou un aquarium avait été
éventré. J’avançais lentement et plus j’y allais, plus les aquariums semblaient
plus épais. Dans un petit réceptacle rempli d’eau, une algue minuscule en forme
de visage humain, semblait dormir. Elle aussi, se dandinait avec un mouvement
soporifique. Un visage fin, de jeune femme somnolant au grès de cette danse
envoutante du navire que je pensais fantôme. J’étais envahi par la terreur mais
ma curiosité était plus grande encore. Les rires se rapprochaient à mon
approche. Une hilarité sarcastique qui continuait sans arrêt et sur chacun de
mes pas s’intensifiait. Je m’avançais vers le fond.

-         
Il y a
quelqu’un ? Arrêtez ! qui êtes-vous ? 

La risée devenait plus intense, une sorte d’éclat de rire
nerveux qui me glaçait le sang. Un aquarium était cassé et se trouvait en
travers du mince couloir et me bouchait la vue, je penchai ma tête sur le côté
pour voir derrière et soudain un visage verdâtre se pencha en même temps que
moi et s’éclata de rire en me postillonnant le visage. Je poussais un hurlement
et tomba à la renverse. Je m’essuyais et vit une algue de ma taille d’enfant
qui avait poussé ici dans le couloir, se nourrissant des moisissures et bactéries
alentour. Elle avait une forme de plante grouillante avec un visage de femme
affreuse arborant un sourire nerveux continuellement. Elle me fixait et riait
en me voyant terrorisé. Je me relevais et couru vers la sortie pour rejoindre
l’épaulard et le marin. J’étais accompagné de son rire atrocement désagréable.
Je n’avais qu’une peur, c’est qu’elle soit derrière moi pour m’attraper. Je me
glissais rapidement hors du trou et me réfugiais contre la paroi du bassin ou
l’épaulard se trouvait. Je reprenais ma forme d’adulte mais je n’étais pas plus
rassuré. Je bloquais le trou avec une caisse usée dans le cas où la créature
agaçante venait à nous rejoindre. Je me tournais vers le mammifère pour me
rassurer et attendre le retour du marin. Plusieurs fois je regardais fugacement
l’ouverture condamnée pour bien être sûr que l’algue ne pouvait pas venir vers
moi. J’entendais un doux murmure vibrer dans la pièce, Je plongeais mon regard
dans le sien, j’étais attiré vers l’animal. L’épaulard voulait-il communiquer avec
moi, me rassurer ? Me remercier ? Je me collais à la vitre pour mieux
entendre. Je buttais sur quelque chose au sol, je voulais regarder où j’avais
mis mes pieds sous le bassin mais, un tentacule sortie du corps de l’épaulard
m’entoura la gorge subitement et serra lentement. Je voulais m’en sortir mais
impossible de sortir de son étreinte, l’appendice épais enroulait mon cou et
avec cette effrayante douceur reptilienne, enfermait le reste de mon corps. La mort
m’avait rattrapé, enveloppé dans ce cocon humide et étouffant,  je puis voir au sol le marin, la tête arraché,
son corps désossé et trempant dans son sang encore chaud. J’avais longtemps
pensé que nous étions les seuls à avoir été touché par les retombés nucléaires de
fukujima mais la faune et la flore aussi, nous les avions oubliés et ils
voulaient dorénavant nous le faire payer. Je cessai toute forme de volonté de
vivre, je préférais attendre la mort, étouffant lentement sous le joug puissant
de cet animal que je pensais avoir sauvé. Pendant mon dernier spasme de vie, j’avais
pour seule consolation, l’image de ma fille que j’allais rejoindre et qui me
tendait les bras.

 

 

 

Bourré d’esprit

•27 mars 2011 • 4 Commentaires

En rentrant du boulot, à 6h30 du matin, j’ai croisé une voiture de policiers stoppée devant deux gars complétement saoul, l’un des deux était allongé sur le sol mouillé et l’autre injuriait les hommes en uniforme. J’étais au feu et je pouvais entendre la discussion. L’agent de police,
- Monsieur, calmez vous sinon c’est en cellule de ……dégrisement que vous allez finir la nuit !!
L’autre à eu une seconde de réflexion nébuleuse et rétorqua en levant le doigt vers l’agent,
- Tchu vas pas m’avoir comme za !! z’est pas carnaval, et z’ai pas envie de me dégriser …
En partant du feu, j’étais en larme tellement je riais …

Stress réality

•13 mars 2011 • 5 Commentaires

Cela m’est arrivé la semaine dernière, on croit que cela se passe que dans des films mais là, j’y étais réellement !!

Chaque début d’années, je vais faire une prise de sang de contrôle dans un laboratoire quelconque, détail qui importe peu. Je suis donc appeler par une infirmière, petite femme approchant les quarante cinq ans, un teint assez blafard qui ne dépareillait pas avec sa tenue blanche immaculée. Son ton de voix était des plus timides, presque dans un murmure, il fallait que je tende l’oreille pour comprendre ses mots.

-          Bonjour, veuillez vous assoir sur le fauteuil et relevez votre manche s’il vous plait !

Je m’exécutais sans omettre aucunes objections, elle s’approcha de moi avec un épais élastique pour l’enrouler autour de mon biceps ainsi, grâce à la pression exercée, elle me débusqua une grosse veine gonflante dont la belle forme arrondie et violette attirait l’aiguille froide de la seringue outrageuse. La petite dame, toute gentille et douce me passa un morceau de coton imbibé de substance sur l’endroit ciblée pour y planter avec expérience son dard aspirant.

-          Serrez le poing …

Elle approcha l’objet pointu vers le bras, soudain, un médecin, entra dans la pièce sans frapper ni prévenir de son entrée inopinée. J’avoue que ces moments là on voudrait que le temps s’arrête pour éviter un sursaut douloureux au moment de la pénétration froide de l’aiguille ! L’homme de forte corpulence et dégarni, avait un air agacé, il fouillait avec contrariété des dossiers posés au préalablement sur une étagère à coté du bureau. Sans tourner le regard vers elle,

-          C’est quoi tout ces dossiers là ? Depuis tout a l’heure, vous dormez sur votre bureau ou quoi ? Vous discutez avec les clients alors que nous n’avons pas le temps !!! vous commencez à m’agacer, ce n’est pas la première fois que je vous le dit pourtant !!

-          Mais docteur, je n’ai pas le temps de …

Le jeune docteur, plus agacé encore se retourna et d’un air dédaigneux,

-          Vous commencez à m’ennuyer, je vais faire un rapport pour que vous ne puissiez plus travailler avec moi car, pour être poli, j’évite d’employer des mots qui pourraient être vulgaire à votre sujet…

Mon bras, toujours tendu vers le haut, l’élastique bien serré, ma veine bien gonflé, je n’osais plus regarder les deux personnes. Il me semblait être une sorte d’objet appartenant au décor dont on ne faisait plus attention, prenant la poussière à fil des années. J’avais une gêne désagréable, je pensais que cet homme était vraiment dur et de plus, déontologique ment parlant, on évite de mêler les patients avec ce genre de règlement de compte interne. La petite dame blanche fut si surprise qu’elle ne pouvait aligner le moindre mot pour sa défense. Si avant elle était blafarde, là, elle était transparente !

Le médecin ne prit pas le temps d’attendre une éventuelle riposte, il claqua la porte et nous laissa tous deux, dans un silence religieux. Elle tenait toujours la seringue dans sa main, l’aiguille béante et impatiente vers cette belle veine qui l’aguiche depuis un moment maintenant. Elle posa l’autre main sur son visage et s’effondra en larmes à coté de moi. Elle tremblait de toute part, Elle semblait si faible, si blessé. J’observais avec attention la main armée de cette seringue et je me disais que ce n’était pas trop le moment de tenter une percée sans douleur. J’étais affreusement embarrassé, j’avais une petit femme en pleurs juste a coté de moi, telle une fillette, elle pleurait a chaudes larmes. Je lui glissai subtilement un petit mot gentil, j’avais l’impression d’être un négociateur priant avec tact, un terroriste de baisser les armes sans mouvements brusques pour ne pas blesser quelqu’un. Elle se leva d’un coup sec, je sursautais en observant sa main et donc la seringue. Elle posa la petite piqure sur son plateau et disparut dans une pièce voisine pour y sécher ses dernières larmes et essayer de se reprendre. Je me disais, qu’il fallait certainement que je parte et que je revienne plus tard car là, elle n’était pas du tout dans le professionnalisme demandé. Je savais qu’elle n’était pas du tout apte a faire cette prise de sang, elle me ferait mal si elle s’exécutait, a coup sur !! Elle réapparut timidement dans le coin de la porte. Je lui fis un sourire rassurant et complice, un peu comme si, moi aussi, j’avais pris le courroux de ce médecin importun. Pendant qu’elle se confondait en excuses, et se replaçait sur son tabouret, je regardais mes pieds, je ne pouvais pas me sortir l’idée, que mes baskets me regardaient et me disaient,

-          CASSE-TOI !! tu vas en chier grave …

Elle récupéra la seringue, reprit un morceau de coton imprégné et me le repassa sur la veine, qui, elle aussi, me semblait grimaçante et révolté a l’idée de resté là, a souffrir allégrement sans broncher.

-          Je suis vraiment désolé, mais ca va mieux, on peut y aller !

Tu parles qu’on peut y aller, mais pourquoi je n’ai pas détalé comme un lapin ? Pourquoi je n’ai pas écouté mes baskets ? Une petite voix résonnait dans ma tête, celle qui vous dit souvent le contraire de ce que vous devriez faire en cas de problème, celle qui vous lance inévitablement dans une merde incroyable, le vice de la curiosité mal placée, une délectation d’une originalité masochiste. Ou alors c’est moi …

Elle m’a piqué et bien évidement, elle m’a fait mal !!

Vous auriez fait quoi vous ?

TRANCE LATINE

•7 mars 2011 • 3 Commentaires

La vieille porte de bois sculptée se présentait à moi, d’anciennes fresques étaient gravées avec beautés sur cette peau de bois meurtrie. Avant de pousser le loquet de cuivre usé, un son chaud éveilla ma curiosité, une musique aux airs hispanique s’échappa de cette étroite entrée et envahit la parcelle de rue poussiéreuse. En ouvrant délicatement la porte,  une chaleur frappa mon visage, une nappe de fumée s’échappa de la pièce sombre, cela me fît penser à un  parfum de roses sucrées mêlé à une odeur râpeuse de cigare. Les sons d’une guitare sèche, de djembé et de pas tapant sur un vieux plancher craquant éveillaient ma curiosité déjà naissante sur le perron de cet endroit. Je m’approchai solennellement vers une petite table posé dans un coin de la pièce. Elle était éclairée par un feu de cheminé chaleureux dont les flammes virevoltaient aux rythmes de la musique, et quelques grandes bougies de couleurs vives posées ca et là sur les pans des murs fissurés. Je m’avançais presque sur la pointe des pieds pour ne pas déranger cette harmonie latine, sans décrocher mon regard sur la danseuse latine, je posai ma vieille sacoche sur le meuble discret et m’asseyais sur une chaise usée. Devant moi, un spectacle magique, un vieux guitariste, cigare aux lèvres, arborant comme couvre chef un petit chapeau de paille blanc qui cachait son visage ridé. Les notes de musique dansaient avec la fumée de son havane, se frayant ainsi un chemin d’exil parmi les courants d’air impétueux. A son coté, un jeune homme métissé aux allures d’athlète, tapait frénétiquement sur deux djembés immenses. Face à eux, voyageant avec grâce et volupté d’un bout à l’autre de la salle, une jeune femme se trémoussait avec fougue sur cet air ensorceleur. Personnes ne profitaient de cet agréable spectacle, J’étais le seul à admirer les mouvements somptueux et avenant de cette divine latine. Les quelques rayons de lumières orangée enrôlaient le corps superbe de cette déesse féerique. Sa chevelure noire virevoltait ca et là au dessus de ses épaules dénudées et luisantes. Son regard sombre de latine au caractère d’acier venait quelques fois se poser sur moi, peu être une sorte d’invitation à la trance musicale. Elle portait une longue jupe de couleurs éclatantes, d’un rouge et orange lumineux, un décolleté absolument osé, a tel point, qu’on ne pouvait, en fixant ses formes rebondies, que penser à des étreintes langoureuses avec cet ange câpre. Chaque mouvement qu’elle faisait, un flot de sensualité sauvage me tordait les entrailles, un trac de jeune collégien me prenait des que ses yeux croisaient les miens. A ce moment là, il n’existait qu’une seule personne dans cet univers, elle.  Certaines bougies s’éteignaient, des endroits de la pièce étaient plongés dans l’obscurité, on aurait dit que les ténèbres  voulaient m’ôter, petit à petit, le souvenir de cet ange dansant. J’ouvris ma sacoche presque machinalement, je sentais l’envie d’écrire, de dessiner, de coucher sur papier ce moment d’extase pour en voler une partie avant qu’elle ne s’envole dés la fin de la musique. Je ne trouvais pas ma plume, je fouillais sans regarder les profondeurs de mon vieux sac. Sans décrocher mes yeux de la sublime latine, envouté par ses mouvements hypnotiques, j’essayais de trouver ma plume. Elle s’approchait de moi, j’étais subjugué par sa beauté sauvage. Virevoltant avec grâce, elle me dévisageait, exagérant certaines passes de salsa, elle profitait pour  me présenter ses formes et ses courbes délicates. Mon estomac se nouait à chaque centimètre qu’elle faisait vers moi, mon cœur battait la chamade et je sentais une chaleur bruler mes joues et mes tempes. La vigueur de mon désir avait immobilisé mon corps, mes yeux suivaient cette superbe créature qui continua à s’approcher de moi. Elle s’appuya sur le rebord de la table,  se pencha vers moi, sa chevelure sombre entourait son visage métis et beau, son regard noir et intense m’hypnotisait. Elle me murmura un mot prés de mon oreille, son parfum sucré fit monter mon désir avec violence, un frisson incroyable parcourra ma colonne, je senti la douceur de ses lèvres, la douceur de sa voix sur ma peau. Une des mèches de sa crinière voluptueuse caressa ma joue. Elle plaça ma plume, que j’avais posé sur la table mais dont le souvenir m’avait échappé, dans le creux de ma main. Elle se retira, et doucement quitta le cercle sensuel dont elle était la maitresse. Les musiciens avaient arrêté leurs musiques. Le jeune souriait aux anges d’avoir joué ces quelques morceaux de notes magiques, il s’alluma une cigarette comme on fait après avoir partagé un moment d’amour intense avec sa belle. Il plaça ses djembés en bandoulière et marcha vers la sortie avec ce sourire de béatitude d’un moment de plaisir achevé avec soin. Le vieil homme rangea sa guitare dans un étui usé de toutes parts, des autocollants de tout les pays y étaient collés. Il révisa son chapeau cubain sur son crane en sueur. Il se redressa tant bien que mal, et tout en rejoignant son jeune acolyte il me fit un salue des plus respectueux, il hocha la tête et replaça son cigare sur ses lèvres. Il se stoppa a l’entrée de la porte pour laisser passer, toute galanterie de vieil homme oblige, la jeune danseuse. Avant de disparaitre de mon regard, elle se retourna une dernière fois et me lança un clin d’œil et d’un signe de main m’envoya un baiser qui restera a jamais gravé dans mon souvenir. Le vieux guitariste repoussa la porte derrière lui, il me regarda et me fit un sourire complice. J’entendais son ricanement roque accompagner le cliquetis de la serrure. Un crépitement plus intense me sortit de l’ensorcellement, me regard se tourna vers le feu de cheminée. Nous étions tout deux, a nous faire face. Ma tête retenait encore l’air entrainant de la musique, petit a petit elle fit comme les musiciens et cette déesse latine, elle me quittait…Ma plume à la main, j’avais du mal a extirper un début à cette magie qui m’avait en quelques minutes envouté. Ecrire le désir, l’amour, la sensualité, toutes ces choses qui vous font exister, qui vous unis plus fortement encore a l’univers magnifique des émotions ! Je ne pouvais pas… Ce moment appartenait à mon corps, à mon cœur. Je ne sentais pas le désir d’écrire. En quelques minutes cette danseuse m’a offert non pas un vol d’inspiration, mais une cascade de sensations toutes plus fortes les une que les autres, Je n’ai jamais autant existé que dans le regard de cette femme, j’ai pu voir dans ses yeux obscurs le reflet de mon propre visage aimant et désirant avec rage.   Encore désappointé, Je rangeais mon nécessaire d’écriture dans ma sacoche. Avant de repartir de la salle, je repensais à ce mot qu’elle m’avait soufflé, un mot qui résumait avec une importance considérable mon envie d’avoir cet ange magnifique et si intouchable … CUIDADO !!

Mi vida …

Au delà

•6 février 2011 • 1 Commentaire

Au-delà est l’histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu’elle soulève. George est un Américain d’origine modeste, affecté d’un “don” de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l’être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l’Au-delà.

Mon avis:  Un film que j’ai apprécié. Ce n’est pas le meilleur CLINT, mais il y a des passages touchant qui ne laissent pas indifférents.

Dans l’ombre des passeurs

•3 février 2011 • 1 Commentaire

Grâce à ses trouées frontalières les plus accessibles de la chaîne des Pyrénées, le Pays Basque fut, durant les années de l’occupation allemande, la destination majoritairement choisie par des milliers et des milliers de candidats au départ : jeunes réfractaires au Service du Travail Obligatoire en Allemagne, Juifs fuyant la répression nazie, aviateurs et militaires alliés, agents des services de renseignements des Forces Françaises Libres, … Plus d’un demi-siècle après, si les années d’occupation demeurent un sujet sensible, cette activité de passage l’est davantage encore. Car dès lors que l’on évoque en Pays Basque les réseaux d’évasion se profile, dans l’instantané, l’un de leurs indispensables maillons : le passeur, immanquablement associé, non sans raison, au personnage emblématique du contrebandier. Hébergeurs, ravitailleurs, guetteurs, passeurs, … qui étaient-ils ? Quelles étaient leurs motivations ? Comment ont-ils pris en charge ces vies inconnues qui leur étaient confiées ? Comment ont-ils guidé, dans la nuit et par tous les temps, des enfants, des femmes et des hommes, aussi mal équipés que peu habitués aux sentiers de montagne ? `Dans l’ombre des passeurs’ s’appuie sur de nombreux récits d’anciens acteurs de ces réseaux d’évasion. Comme tout travail de collecte de mémoire, il repose sur celles et ceux qui ont accepté de se livrer malgré les réticences à passer ainsi «de l’ombre à la lumière». Un exercice d’autant plus délicat ici que raconter, se raconter, est justement à l’opposé de ce que fut le quotidien d’alors où le silence était la première règle de survie.

J’ai grave accroché avec ce livre qui m’a, de nombreuses fois, coupé le souffle !! bien évidement, je conseille à fond !!

 
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